Préparer le concours Prépas et littéraires - Culture générale Conseils

Présentation de l’épreuve de culture générale

Esprit général

L’épreuve de dissertation de culture générale vise à évaluer chez les candidats les capacités de réflexion et d’argumentation, appuyées sur la lecture des grands textes, que l’on est en droit d’attendre d’un étudiant de niveau Bac+2.
Elle s’inscrit ainsi dans l’esprit du programme officiel de culture générale des CPGE commerciales. Celui-ci caractérise en effet la dissertation comme un exercice permettant à l’étudiant de « montrer sa capacité à s’interroger, à conduire une pensée cohérente et à exploiter de manière pertinente ses lectures ».
Avant de constituer une épreuve de concours, la dissertation et son apprentissage visent, toujours selon les termes du programme officiel, à « former l’esprit à la réflexion autonome et éclairée ». C’est cette capacité de réflexion que l’épreuve du concours a pour fonction de mesurer.

Sujets

Le candidat traite sous forme de dissertation l’un des deux sujets au choix :

- Dans le thème :

Le sujet, qui a la forme d’un énoncé bref, s’inscrit dans le champ général de réflexion déterminé par le thème annuel.
Que le sujet soit dans le thème ne signifie pas que le thème soit le sujet !
En d’autres termes, une simple récitation de connaissances acquises sur le thème, non soucieuse du sujet proposé, ne saurait constituer une dissertation satisfaisante, quels que soient l’intérêt et la maîtrise des connaissances mobilisées.

- Hors thème :

Le sujet, qui a également la forme d’un énoncé bref, appartient aux champs les plus généraux de la réflexion, tels qu’ils sont présentés dans le programme (fixe) de première année. Ce sujet peut donner l’occasion à certains candidats de montrer leur originalité, à condition de disposer d’une culture préalable sur la question et d’avoir une capacité effective d’interrogation. Il ne doit surtout pas être considéré comme une planche de salut pour ceux qui n’ont pas travaillé le thème de deuxième année ou qui n’ont pas la culture générale exigée à l’issue de la première année.

Évaluation

Elle prend en considération les grands critères de la dissertation :

  • l’aptitude à prendre en compte l’énoncé dans sa singularité, à comprendre le problème dans sa profondeur et à en saisir l’enjeu ;
  • la capacité à ordonner ses idées de manière vivante et claire, en évitant une simple juxtaposition de remarques, un plan mécanique et passe-partout, et l’énumération de références ;
  • l’aptitude à conduire une pensée personnelle, à exploiter ses lectures et à mobiliser ses connaissances ; en matière d’auteurs et de références, il n’y a pas de passage obligé, tous sont accueillis avec bienveillance, pourvu qu’ils soient l’objet d’une maîtrise et d’une appropriation personnelles.
  • la présentation matérielle de l’écrit, la qualité du style, la correction de l’orthographe et de la syntaxe.

Le programme

Le thème pour le concours 2018 est : le corps.
Aucune liste d’œuvres et d’auteurs n’est proposée. Chaque professeur, responsable de ses choix, détermine librement les œuvres philosophiques, littéraires ou autres, qu’il juge nécessaires à son enseignement.

Conseils aux futurs candidats

1. L’analyse.

Dans les énoncés des sujets, on retrouve le plus souvent le terme qui correspond au
thème. La majorité des candidats ayant travaillé ce thème, il faut comprendre que ce n’est pas tant sur les connaissances relatives à ce thème que les différences s’établissent mais, au moins en partie, sur la prise en compte des autres mots qui figurent dans l’énoncé et en font la spécificité. De même, le thème n’est pas le prétexte à un étalage de connaissances, mais c’est la façon singulière dont il est présent dans l’énoncé qui doit être prise en compte, comme on a tenté de le montrer. C’est donc le nécessaire travail d’analyse qui rend possible une problématisation fidèle à ce que le sujet met en question et permet d’éviter la récitation, la juxtaposition de références et d’exemples qui ne prennent pas suffisamment en compte le problème à traiter. En d’autres termes, il convient de se demander d’abord non pas “que vais-je répondre ?”, mais “qu’est-ce qu’on me demande ?”. Mais ce travail n’est pas qu’un simple préalable dont on pourrait s’acquitter au début, par une simple définition, pour ne plus y revenir : il doit se poursuivre tout au long du développement, et c’est ainsi que se concrétisent la progression et l’approfondissement de la réflexion.

2. La problématisation.

Problématiser un sujet ne se limite pas à opposer brutalement deux affirmations
contradictoires. C’est au contraire mettre en évidence une hésitation de la pensée devant des difficultés. C’est pourquoi une dissertation doit être animée par une pensée soucieuse et questionnante, dont le mouvement s’explicite à travers des transitions qui ne sont pas des artifices rhétoriques, mais l’expression même du progrès de la réflexion, où l’interrogation doit avoir toute sa place.

3. Plan et transitions.

La présentation du plan dans l’introduction ne doit pas avoir pour effet de “tuer” le
problème. C’est pourtant ce qui se passe lorsqu’on énumère les grandes affirmations qui vont scander le développement comme autant de points d’un exposé. Il est préférable de mettre en avant des objets de questionnement plutôt que des propositions dogmatiques : “nous nous demanderons pourquoi”… est ainsi préférable à “nous verrons que”. Il en va de l’esprit même de la dissertation.

4. Conventions de présentation.

Il est inutile de numéroter les parties et les sous-parties du développement. De même,
il n’y a pas lieu de faire figurer des titres, qui brisent la continuité de la réflexion, telle qu’elle s’exprime dans les transitions. Une écriture soignée et lisible, sans ratures, est appréciée : elle marque autant le souci d’être compris que le respect du lecteur.

5. Orthographe.

A la différence de l’épreuve de résumé, il n’y a pas de barème spécifique
prévoyant le retrait de points en fonction du nombre de fautes. Toutefois, le souci de
l’orthographe, ainsi que de la syntaxe, est nécessaire, car les deux jouent un rôle dans
l’appréciation globale de la copie. Dans cette perspective une relecture spécifique et attentive est indispensable.

6. Le sujet hors thème.

Il faut rappeler ici que le choix de ce sujet doit être fait pour des raisons positives. Celui-ci ne saurait en effet servir de remède à une préparation insuffisantedurant l’année, d’autant que son traitement implique de mobiliser des capacités équivalentes
à celui du premier, et de prendre appui sur la maîtrise du programme de première année, qui doit donner les moyens d’un traitement argumenté.

Terminons en souhaitant que les candidats trouvent dans ces lignes des raisons de croire
que, plutôt qu’un bachotage aveugle, une préparation méthodique et réfléchie est la
condition non seulement d’une épreuve réussie, mais aussi de la formation du jugement
éclairé nécessaire à chacun, bien au-delà du concours.

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