Préparer le concours Prépa et littéraires - Recueil de citations L’ANTIQUITE : DESIR ET SAGESSE

Afin de compléter les annales que vous pouvez consulter à tout moment depuis la rubrique SE PREPARER, nous vous proposons un recueil de citations qui complétera vos cours pour l’épreuve de culture générale sur le thème de la mémoire.

Ce recueil de citations ne présume en rien des sujets du concours 2020 à venir.

Citation philosophique

Platon, Le Philèbe, Ve siècle av. J.-C.

« L’élan, le désir et ce qui gouverne l’ensemble du vivant sont le fait de l’âme. »

Commentaire : Platon, prend le contre-pied d’une opinion répandue communément qui associe étroitement le désir et le corps, et qui date en fait de l’époque moderne. Le désir, pris an sens large de pulsion, besoin, mais aussi élan, sentiment, passion, est plus étroitement associé à l’âme. C’est elle qui formule, exprime, nomme le désir, et non le corps ; même s’il peut être implicitement être relié indirectement à lui.

Platon, Le Gorgias, Ve siècle av. J.-C.

« Calliclès : Au contraire, il faut être capable de mettre son courage et son intelligence au service de si grands désirs et de les assouvir avec tout ce qu’on peut désirer. »

Commentaire : Le personnage de Calliclès est l’homme du désir, interlocuteur et adversaire de Socrate, homme de la tempérance. Dans cet extrait, non seulement il fait l’apologie du désir mais réclame la soumission de la partie la plus élevée de l’âme, l’intelligence rationnelle, à la partie la plus irrationnelle, se présentant ainsi comme un anti-Platon.

Platon, La République, Ve siècle av. J.-C.

« Il existe en chacun de nous une espèce de désir terrible, sauvage, déréglé même dans les quelques personnes qui, parmi nous, sont tout à fait mesurées (…) La tempérance est une certaine forme d’ordre harmonieux, elle est la maîtrise de certains plaisirs et désirs. (…) Par conséquent, le philosophe lui aussi, nous dirons qu’il est possédé du désir de la sagesse non pas de tel ou tel élément, mais de la sagesse tout entière. »

Commentaire : Platon oppose deux parties de l’âme, l’une qui est animée par un principe rationnel, qui est lié à l’harmonie et le calme, l’autre qui est dépourvue de raison et désirante, animée par un principe de démesure et de déraison. L’idéal de maîtrise de cette partie déraisonnable par la précédente correspond à la notion de tempérance. Il reste que le désir de sagesse est une valorisation d’une certaine forme de désir, et qui montre que Platon ne rejette pas d’un bloc le désir.

Platon, Le Banquet, Ve siècle av. J.-C.

« Cet homme donc, comme tous ceux qui désirent, désire ce qui n’est pas actuel ni présent ; ce qu’on n’a pas, ce qu’on n’est pas, ce dont on manque, voilà les objets du désir et de l’amour. »

Commentaire : Voici la célèbre définition négative du désir que l’on trouve chez Platon, et qui marque ra toute une tradition qui fait du désir l’expression d’un manque, d’une privation.

Epictète, Manuel

« Il y a ce qui dépend de nous, il y a ce qui ne dépend pas de nous. Dépendent de nous l’opinion, la tendance, le désir, l’aversion, en un mot toutes nos œuvres propres ; ne dépendent pas de nous le corps, la richesse, les témoignages de considération, les hautes charges, en un mot toutes les choses qui ne sont pas nos œuvres propres. (…) Quant au désir, supprime-le complètement pour l’instant : car si tu désires l’une des choses qui ne dépendent pas de nous, il est impossible que tu sois heureux ; quant à celles qui dépendent de nous, et qu’il serait beau de désirer, aucune n’est encore à ta portée. »

Commentaire : Epictète est le représentant du stoïcisme. Il se méfie du désir, qui échappe au contrôle que la raison peut opérer sur le monde. La distinction entre ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas délimite un terrain sur lequel la raison peut agir et auquel échappe le désir. Le bonheur est incompatible avec le désir.

Epicure, Maximes, 71

« A tous les désirs, il faut appliquer cette question : que m’arrivera-t-il si est accompli ce qui est recherché conformément à mon désir, et quoi si ce n’est pas accompli ? »

Commentaire : L’accomplissement du désir est vu comme source de bonheur avant cet accomplissement, mais une fois accompli, le désir meurt et laisse la place à d’autres formes de désir. Il y a aussi un pas entre la représentation que l’on se fait des choses sous l’effet du désir et le vrai visage des choses en réalité.

Epicure, Lettre à Ménécée

« Le plaisir est le principe et la fin de la vie bienheureuse. (…) Parmi les désirs, certains sont naturels, d’autres vides, et parmi les désirs naturels, certains sont nécessaires, d’autres seulement naturels ; et parmi les désirs nécessaires, certains sont nécessaires au bonheur, d’autres à l’absence de perturbations du corps, d’autres à la vie même. »

Commentaire : La célèbre classification que fait Epicure permet de distinguer le désir naturel et nécessaire, proche du besoin, et le désir naturel et non nécessaire, et enfin le désir ni naturel, ni nécessaire. Par exemple, manger appartient à la première catégorie, manger beaucoup à la seconde et l’ambition à la troisième.

Epicure, Lettre à Ménécée

« Ce ne sont pas les banquets et les fêtes ininterrompues, ni les jouissances que l’on trouve avec les garçons et les femmes, pas plus que les poissons et toutes les autres nourritures que porte une table profuse, qui engendrent la vie de plaisir, mais le raisonnement sobre qui recherche les causes de tout choix et de tout refus et repousse les opinions par lesquelles le plus grand tumulte se saisit des âmes »

Commentaire : Cet extrait a l’intérêt de mettre en avant la notion de sobriété, étroitement associée à la philosophie d’Epicure, qui s’oppose à l’hédonisme contrairement à certaines idées reçues. L’épicurisme n’est pas une philosophie de l’abondance, mais de la qualité et de la simplicité.

Citation littéraire

Lucrèce, De la nature (prologue)

« Mère des descendants d’Enée, plaisir des hommes et des dieux, Vénus nourricière, toi présente sur la mer porteuse de navires, sous les astres qui roulent dans le ciel, toi présente sur la terre porteuse des moissons, puisque c’est grâce à toi que toute créature vivante est conçue et a vu dès sa naissance la lumière du soleil, c’est devant toi, déesse, que s’enfuient les vents, c’est ton arrivée que fuient les nuages du ciel, sous tes pieds la terre industrieuse fait naître d’agréables fleurs, c’est à toi que les vagues de la mer sourient, et c’est pour toi que le ciel apaisé resplendit de sa lumière largement répandue. »

Commentaire : Ce célèbre prologue est une célébration lyrique de la déesse Vénus, associée ici à toutes les formes de désir qui peuvent parcourir la nature entière, et tous les éléments du cosmos sont mis en mouvement sous son impulsion. Elle est le principe originaire de la vie humaine également, un élan inscrit au cœur du vivant.
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