Préparer le concours Prépa et littéraires - Recueil de citations La Renaissance : La mémoire et la pensée L’humanisme valorise la pensée personnelle et confronte la mémoire à l’exercice du jugement.

Michel de Montaigne, Les Essais (1580) :

Les mémoires excellentes se joignent volontiers aux jugements débiles. »

Humaniste, Montaigne valorise ici la réflexion personnelle par l’exercice du jugement, qui permet de développer un esprit critique. Le jugement peut être débile, c’est-à-dire faible, alors que la mémoire est excellente, car si elle n’est pas active, elle ne sert pas à l’émancipation de l’esprit critique.

Joachim Du Bellay (1522-1560), Les Regrets (1569)

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée ? »

Du Bellay éprouve la nostalgie de son pays natal, qui suscite le souvenir personnel. C’est un lieu de mémoire intimiste que le poète oppose à des lieux plus officiels, comme la ville de Rome.

Pierre de Ronsard (1524-1585), Sonnets pour Hélène (1578)

Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant :
Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle ! »

Prince des poètes, Ronsard reprend le thème épicurien du carpe diem, (cueille le jour) pour adresser une ode séduisante à Hélène de Surgères. Il y décrit la fuite du temps et le besoin de profiter du moment présent. Sinon, la nostalgie et le regret risqueraient de condamner la vieillesse à déplorer le passé perdu.

William Shakespeare, Macbeth (1605) :

La mémoire est la sentinelle de l’esprit. »

Cette métaphore fait de la mémoire une gardienne. En effet, la mémoire garantit l’équilibre mental. Elle a avant tout une fonction psychologique de souvenance et réactualise la passé. Cet acte garantit la vie psychique. S’il y a une mémoire du corps, qui correspond à l’habitude, il y a aussi une mémoire de l’esprit, capable de reconnaître le passé.

Charles 1er d’Angleterre (1600-1649) :

Remember ! »

En montant sur l’échafaud, le 30 janvier 1649, le roi Charles 1er d’Angleterre a dit cette sentence à l’Evêque Juxon, en lui tendant son médaillon de Saint-George. Quelle que soit l’interprétation que les historiens peuvent lui donner dans ce contexte, cet ordre mémorable, entraîne un devoir de mémoire mais surtout un sentiment de culpabilité pour ses contemporains et leurs descendants.
  • Partager :