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ESPRIT DE L’ÉPREUVE

L’enseignement d’économie, sociologie et histoire du monde contemporain a pour objectif l’analyse et la compréhension du monde contemporain, du XIXe siècle à nos jours, grâce à trois approches complémentaires, la science économique, l’histoire économique et sociale, et la sociologie.

Cette matière se situe dans la continuité des enseignements de la série économique et sociale du baccalauréat général. Elle est caractérisée par l’interdisciplinarité entre l’analyse
économique, historique et sociale : les candidats doivent maîtriser les principaux concepts, mécanismes et modèles de l’analyse économique (en articulation avec le cours d’économie approfondie), savoir mobiliser et mettre en perspective de façon pertinente les principaux phénomènes économiques et sociaux depuis le début du XIXe siècle et maîtriser les éléments de base, les méthodes et démarches de la sociologie. L’étude des analyses théoriques et des fondements méthodologiques de l’économie et de la sociologie ne doit pas faire perdre de vue la dimension historique. Quelle que soit la qualité de la présentation théorique, elle doit s’appuyer sur l’exposé de faits historiques précis, qui l’illustrent ou la mettent en question.

Les candidats ne doivent pas oublier de définir avec précision les concepts mobilisés, et doivent expliquer comment ils parviennent à leurs conclusions, en confrontant l’analyse économique et sociale aux données de l’histoire des deux derniers siècles. Les candidats doivent donc être capables d’organiser une réflexion personnelle et argumentée sur les questions proposées. Le jury attend un argumentaire bien construit et un choix de références appropriées tant sur le plan théorique que factuel. Jamais la correction des copies ne sanctionne les opinions exprimées.

L’épreuve est composée de deux sujets proposés au choix des candidats. Le sujet choisi doit être traité sous forme de dissertation. Les sujets peuvent couvrir en totalité ou en partie le champ historique du programme, voire se limiter à une période récente. Ils ne correspondent jamais à une question de cours et offrent toujours la possibilité de développer une « réflexion autonome ». Le programme couvert s’étend sur les deux années de classe préparatoire, et les candidats ne doivent pas négliger le programme de première année, tout aussi susceptible de servir d’inspiration pour les sujets que celui de seconde année.

La dissertation consiste dans un premier temps à explorer les enjeux de la question et à en définir soigneusement les contours. Ensuite le candidat doit démontrer quelques idées directrices, de façon à apporter une réponse à la question du sujet, en s’appuyant sur des références théoriques adéquates et des exemples historiques précis et diversifiés. Des transitions rédigées et claires doivent permettre au lecteur de se situer au cours de la démonstration : les candidats qui souhaitent ajouter des titres dans leur copie - ce qui n’est pas demandé - ne doivent pas pour autant oublier de rédiger les transitions nécessaires entre parties et sous parties. La taille des introductions ne doit pas être démesurée et il conviendra de ne pas négliger la conclusion qui doit à la fois prendre position relativement à la question posée et ouvrir des perspectives.

CONSEILS AUX FUTURS CANDIDATS

Beaucoup de copies sont lisibles et soignées, ce dont nous félicitons les étudiants. Pour ceux dont l’écriture est difficile à lire, nous rappelons que le choix d’une encre la plus foncée possible améliore autant que faire se peut la lisibilité. L’usage d’un brouillon pour trouver une formulation adéquate dans un passage délicat, permettrait peut-être dans certains cas d’éviter la multiplication des ratures dans la copie.

Pour nombre de copies, malheureusement, l’orthographe est défaillante : les étudiants doivent prendre le temps de relire leur copie, et éviter une fréquence de fautes trop élevée, s’ils ne veulent pas agacer leur lecteur et perdre des points ; les fautes de syntaxe sont heureusement plus rares que les fautes d’orthographe proprement dites, mais elles sont encore moins tolérables que ces dernières.

Le correcteur attend aussi le respect de règles de typographies basiques et simples : il ne doit pas y avoir d’apostrophe en fin de ligne, ni de virgule en début de ligne. En français les césures doivent se faire suivant des règles que le candidat ignore souvent : mieux vaudrait éviter de faire des césures, dont la multiplication rend la lecture de la copie peu agréable. Enfin, les guillemets doivent être réservés aux citations, et ne doivent pas servir à excuser une expression familière ou approximative (les guillemets n’excusent rien, ils soulignent
seulement la maladresse.)

La relecture est également indispensable pour combler les blancs laissés à la suite de l’utilisation d’un correcteur, ou pour éliminer les lapsus qui peuvent engendrer des contresens.

Les candidats doivent éviter d’abuser du présent ou du futur de narration qui rend souvent difficile la mise en évidence une chronologie précise et exacte. Par exemple, parler de Keynes au présent après avoir évoqué l’augmentation des dettes publiques à l’époque contemporaine, donne l’impression que Keynes est un auteur contemporain, ce qui est malencontreux.

Dans l’introduction, les candidats doivent analyser l’ensemble des termes du sujet avant de définir la problématique. Ils ne doivent pas croire que les notions qui leur semblent faire partie du langage courant ne méritent pas de définition : ainsi il convenait de définir les inégalités économiques pour préciser la problématique du second sujet. Pour le premier sujet, pour préciser la problématique, il était indispensable de se demander pourquoi les États devraient s’inquiéter de leur dette publique, et ne pas seulement chercher à définir la dette publique.

Pour beaucoup de candidats, un effort plus poussé pour définir la problématique du sujet serait donc souhaitable en introduction.
Il n’y a aucune raison en économie de préférer un plan en trois parties à un plan en deux parties. Le choix du plan doit découler de la problématique, et le candidat ne doit pas chercher à placer coûte que coûte une troisième partie qui risque d’être hors sujet. Pour le premier sujet par exemple, expliquer en troisième partie par quelles méthodes un État pouvait réduire sa dette publique ne faisait pas partie de la question à traiter. De même, pour le deuxième sujet, il ne fallait pas consacrer une troisième partie aux méthodes envisageables pour réduire les inégalités.

Les candidats doivent se rappeler qu’il est également indispensable de bien gérer leur temps, et qu’il est très pénalisant de laisser un devoir inachevé faute d’avoir pu maîtriser correctement le contenu d’une troisième partie trop ambitieuse. L’exhaustivité n’est pas indispensable, mais il est nécessaire de bien développer les arguments qui ont été retenus pour conduire la démonstration à laquelle la copie doit aboutir.

La présence de schémas explicatifs est bienvenue dans les copies à condition qu’il s’agisse de véritables schémas, et non pas de l’emploi de quelques symboles qui se substituent seulement à une phrase convenablement rédigée. De plus un schéma ne doit pas être présenté sans commentaire : il doit non seulement être complet et doté de légendes et d’annotations, mais il doit aussi être expliqué dans le cours du devoir à l’aide d’un texte clairement rédigé.

Chercher à placer des citations n’apporte rien à une copie, si les citations ne sont pas pertinentes. Les candidats doivent de plus renoncer à citer les résultats ou recommandations de tel ou tel auteur sans présenter les raisons pour lesquelles cet auteur a abouti aux conclusions mentionnées ; s’abriter derrière l’autorité d’un auteur ne peut en aucun cas tenir lieu d’argumentation.

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